Travailler à distance depuis Bali : le nouveau visa qui change tout en 2026

Bali attire chaque année des millions de visiteurs, mais depuis quelques mois, l’île indonésienne séduit aussi une nouvelle vague de travailleurs à distance. Avec un coût de la vie inférieur de près de 40 % à celui de la France, des espaces de coworking à chaque coin de rue et une communauté internationale qui ne cesse de grandir, l’île des Dieux est devenue le point de ralliement mondial des nomades numériques. En 2025, on comptait entre 40 et 80 millions de digital nomads dans le monde, et Bali arrive systématiquement en tête de leurs destinations préférées.
Le visa E33G : un cadre légal enfin adapté
Jusqu’à récemment, beaucoup de nomades numériques travaillaient depuis Bali avec un simple visa touristique, une pratique illégale pouvant entraîner des sanctions sévères. L’Indonésie a changé la donne en lançant un visa e33g, spécialement conçu pour les travailleurs à distance qui gagnent leur vie depuis l’étranger. Ce permis de séjour temporaire (KITAS) est valable un an, renouvelable, et permet les entrées multiples sur le territoire.
Contrairement aux anciens visas de visite limités à six mois, le E33G apporte une vraie stabilité juridique. Il s’adresse aux salariés comme aux freelances qui travaillent pour des clients ou employeurs situés hors d’Indonésie. Impossible en revanche de facturer des entreprises indonésiennes ou d’y être employé. La limite est claire.
Conditions d’éligibilité et démarches
Pour obtenir ce visa, plusieurs critères doivent être remplis. Voici les principaux :
- Justifier d’un revenu annuel minimum d’environ 60 000 USD provenant de sources étrangères
- Présenter un contrat de travail ou des preuves d’activité freelance avec des clients hors d’Indonésie
- Détenir un passeport valide au moins 18 mois
- Souscrire une assurance santé internationale couvrant l’Indonésie
- Fournir des relevés bancaires des trois à six derniers mois
La demande se fait en ligne sur la plateforme officielle de l’immigration indonésienne. Le traitement prend généralement entre 5 et 14 jours ouvrables. À l’arrivée, vous devrez vous enregistrer auprès du bureau d’immigration local dans les 30 jours. Cette étape n’est pas optionnelle.

| Critère | Détail | Remarque |
|---|---|---|
| Durée | 1 an (renouvelable) | Possibilité de conversion en KITAP après 3 ans |
| Revenu minimum | ~60 000 USD/an | Justificatif bancaire exigé |
| Coût estimé du visa | 7 000 000 IDR (~400 €) | Frais d’agent en sus |
| Entrées multiples | Oui | Voyages régionaux possibles |
| Fiscalité locale | Revenus étrangers exemptés | Obligations fiscales françaises maintenues |
L’avantage fiscal et le coût de la vie
L’atout majeur du E33G se trouve dans son régime fiscal. Les revenus provenant de l’étranger ne sont pas soumis à l’impôt indonésien. Attention toutefois : cette exemption ne vous dispense pas des obligations déclaratives dans votre pays d’origine. Si vous êtes Français, vous restez redevable envers l’administration fiscale française. Pas de miracle fiscal ici, juste un allègement local.
Côté budget, un nomade numérique peut vivre confortablement à Bali pour environ 1 000 à 1 500 € par mois, logement compris. Les quartiers prisés comme Canggu ou Ubud proposent des villas avec piscine entre 500 et 1 000 USD mensuels. Un abonnement coworking revient à environ 150 USD par mois, et la connexion internet fibre atteint couramment 50 à 100 Mbps dans les zones fréquentées par les expatriés. Ces chiffres varient selon vos habitudes de dépenses, mais ils donnent une bonne base de calcul.
Bien préparer son installation
S’installer à Bali comme digital nomad ne s’improvise pas. Lancez vos démarches de visa au moins quatre à six semaines avant votre départ. Certains dossiers peuvent traîner plus longtemps que prévu. Le fuseau horaire GMT+8 facilite la collaboration avec l’Europe le matin et l’Asie-Pacifique en journée, un vrai plus pour les consultants et développeurs qui jonglent avec plusieurs continents.
L’île dispose d’un écosystème complet : événements de networking réguliers, communautés francophones actives et infrastructures de santé correctes dans les zones touristiques. Pour un séjour serein, pensez aussi à la location de scooter (environ 50 € par mois), moyen de transport privilégié sur l’île. Sans scooter, vous vous sentirez vite limité dans vos déplacements.
Avec le visa E33G, Bali passe d’un simple spot de vacances à une véritable base professionnelle légale. Pour les Français en quête d’un meilleur équilibre entre vie personnelle et carrière, cette nouvelle donne administrative ouvre des possibilités concrètes. Le rêve balinais devient accessible, à condition de bien préparer son dossier et d’accepter de vivre loin de chez soi pour de bon.







