Albanie du Sud : entre cité de pierre et sources mystiques

L’Albanie du Sud concentre à elle seule une bonne part des trésors du pays. Entre la majesté de ses montagnes, les eaux cristallines de la Riviera ionienne et un patrimoine culturel d’une richesse exceptionnelle, la région offre aux voyageurs une palette d’expériences bien plus variée qu’on ne l’imagine. Si la côte attire les amateurs de farniente, c’est dans l’arrière-pays que se nichent les plus belles surprises. De la cité UNESCO de Gjirokastër aux sources mystérieuses de l’Œil Bleu, en passant par la discrète ville de Përmet, voici un itinéraire qui mêle incontournables et pépites méconnues.
Gjirokastër, la ville de pierre
Dominant la vallée du Drino, Gjirokastër est sans doute l’une des villes les plus fascinantes des Balkans. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, surnommée la « cité de pierre » pour ses toits d’ardoise et ses ruelles pavées de galets, elle offre un voyage dans le temps. Son imposant château du XIVe siècle, l’un des plus grands des Balkans, abrite un musée d’armes, des cellules de l’ère communiste et même un avion américain capturé pendant la guerre froide. Depuis ses remparts, la vue panoramique sur la vallée et les maisons ottomanes aux étages en encorbellement est saisissante. Dans le vieux bazar, les artisans travaillent l’argent et les tapis traditionnels, tandis que les cafés proposent un café albanais cuit dans le sable chaud. Une promenade dans les quartiers historiques, où se dressent les maisons-musées Skenduli et Zekate, permet de mesurer la richesse de l’architecture ottomane. Prévoir une journée complète pour explorer la ville sans se presser, et surtout de bonnes chaussures : les ruelles pentues et glissantes exigent une attention particulière. Pour en savoir plus visitez le site thématique de la région de Gjirokastër.
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L’Œil Bleu, un phénomène naturel incontournable
À une trentaine de kilomètres de Gjirokastër, niché au cœur du massif du Mali i Gjerë, se trouve le Syri i Kaltër, la source de l’Œil Bleu. Ce phénomène karstique, l’une des sources les plus riches d’Albanie avec un débit de 6 m³ par seconde, doit son nom à sa ressemblance avec un œil humain : un tourbillon d’un bleu profond, entouré d’une eau plus claire qui évoque l’iris. La profondeur exacte reste inconnue – les plongeurs ont dû abandonner à 50 mètres sous la pression. Depuis l’entrée, un sentier d’environ vingt minutes à travers la végétation mène à une plateforme d’observation offrant la plus belle vue sur ce spectacle fascinant. Certes très médiatisé, le site mérite largement le détour, d’autant que son accès est aisé depuis Saranda ou Gjirokastër. L’entrée est modique (moins d’un euro) et le site est ouvert de 7h à 19h.
Përmet, la cité des roses et des eaux thermales
Moins connue que ses voisines, la ville de Përmet, surnommée la « cité des roses », connaît un essor touristique remarquable. Avec 150 000 visiteurs entre janvier et octobre 2025, dont 60 % d’étrangers, elle s’impose comme une destination à part entière. La rivière Vjosa, dernier fleuve sauvage d’Europe protégé par l’UNESCO, traverse la région en offrant des paysages grandioses. Les principaux attraits de Përmet incluent le parc national de Hotova-Dangëll, avec ses denses forêts de sapins, les sources thermales de Benja aux vertus curatives, le canyon de Langarica aux parois spectaculaires, et le pont de Katiut qui enjambe la rivière. La vieille ville, le musée de Përmet et la « Pierre de la ville » témoignent de la profondeur culturelle de la région. La gastronomie locale, réputée pour ses plats traditionnels et ses douceurs, ajoute une corde à l’arc de cette destination qui s’impose désormais comme un séjour de plusieurs jours plutôt qu’une simple halte.
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D’autres sites à découvrir
Au-delà de ces trois étapes majeures, l’Albanie du Sud regorge de lieux tout aussi captivants. Le parc national de Butrint, classé à l’UNESCO, abrite les ruines d’une cité grecque puis romaine, avec son théâtre, sa basilique et ses remparts. La petite station balnéaire de Ksamil, surnommée les « Maldives de l’Europe » pour ses eaux turquoise et ses îlots, offre une parenthèse iodée. Plus au nord, la baie de Grama, accessible par un sentier de randonnée depuis Palasë, constitue l’un des joyaux les plus préservés de la Riviera, avec ses inscriptions antiques gravées dans la roche. Enfin, la cascade de Peshtura, encore méconnue des circuits touristiques, offre une escapade rafraîchissante au cœur d’une nature intacte.
Si vous visitez l’Albanie avec des enfants, consultez notre guide spéciale.
Une expérience authentique avec un support locale
Pour ceux qui souhaitent aller au-delà des sentiers battus, faire appel à une agence locale de voyage permet de vivre des expériences uniques. Ces spécialistes, basés sur place, organisent des circuits sur mesure qui intègrent des rencontres avec les habitants, des ateliers de cuisine traditionnelle ou des séjours chez l’habitant. L’immersion dans la vie locale, la découverte des produits du terroir – confitures, raki, miel – et l’accès à des lieux confidentiels accessibles seulement avec un guide transforment le voyage en une aventure humaine et culturelle. Cette option, qui séduit autant les voyageurs novices que les plus expérimentés, offre un éclairage précieux sur les traditions et l’histoire d’une Albanie encore préservée du tourisme de masse.
Conclusion
L’Albanie du Sud ne se résume pas à une simple destination balnéaire. Entre la cité de pierre de Gjirokastër, le mystère de l’Œil Bleu, la douceur de vivre de Përmet et les trésors cachés de sa côte, elle offre une diversité rare qui séduit tous les profils de voyageurs. Que l’on opte pour un road trip en autonomie ou pour un circuit accompagné par une agence locale, chaque itinéraire réserve son lot de surprises et d’émotions. Dans une région encore préservée des foules, l’Albanie du Sud promet des souvenirs durables, entre authenticité et émerveillement.









